Antoine, l’homme qu’elle aimait depuis 10 ans, le père de ses 2 enfants, hurlait au milieu du salon. Son visage, d’habitude si doux, était déformé par une rage qu’elle ne lui connaissait pas.
— Prends tes affaires et dégage ! Je ne veux plus vous voir ! hurlait-il en jetant une valise à moitié pleine aux pieds de Claire.
Les enfants, Léo, 8 ans, et Chloé, 5 ans, pleuraient, blottis dans un coin de la pièce. Ils ne comprenaient pas pourquoi leur papa, qui leur lisait encore des histoires la veille, agissait comme un monstre. Claire tremblait de tout son corps. Ses mains s’agrippaient au tissu de son manteau.
— Antoine, je t’en supplie, tu perds la tête ! Il fait nuit, où veux-tu qu’on aille ? pleurait-elle, la voix brisée.
— Ce n’est plus mon problème ! répondit-il avec un cynisme glacial. Cette maison est à moi. Et Morgane emménage ce soir.
Morgane.
Elle était là, debout près de la porte d’entrée. Une femme grande, froide, habillée d’un tailleur noir impeccable. Elle observait la scène sans dire un mot, sans même un battement de cils. Son regard était indéchiffrable, presque mécanique. Claire ressentit une haine viscérale pour cette inconnue qui venait de détruire sa famille.
Poussée vers la sortie, Claire rassembla ses enfants, attrapa la valise et franchit le seuil de la porte. Le bruit de la serrure qui claquait dans son dos résonna comme un coup de fusil. Elle se retrouva sous la pluie glaciale, les larmes se mélangeant aux gouttes d’eau sur ses joues, serrant Léo et Chloé contre elle.
Elle se dirigea vers sa vieille voiture, le cœur en miettes, l’esprit totalement vide. Comment allait-elle faire ? Où allaient-ils dormir ?
Soudain, des bruits de pas rapides résonnèrent sur les pavés mouillés. Claire se retourna brusquement, prête à exploser. C’était Morgane. La fameuse maîtresse s’était glissée hors de la maison et courait vers elle, sans parapluie.
— Laissez-nous tranquilles ! Vous avez eu ce que vous vouliez ! hurla Claire, protégeant ses enfants.
Mais Morgane ne répondit pas aux insultes. Son visage d’ordinaire de marbre laissait soudain transparaître une tension extrême. Elle s’approcha rapidement, attrapa la main tremblante de Claire, et y fourra de force une épaisse enveloppe en papier kraft.
Claire, choquée, baissa les yeux. L’enveloppe était entrouverte. À l’intérieur, des liasses de billets. Des billets de 50 et de 100 euros. Beaucoup d’argent. Exactement 10 000 euros.
Avant que Claire ne puisse prononcer le moindre mot, Morgane se pencha en avant. Son parfum fort et sec emplit l’air, et elle murmura à l’oreille de Claire d’une voix précipitée, presque effrayée :
— Prends cet argent et cache-toi. Reviens ici dans 3 jours. Exactement à 20 heures. Il y aura une surprise pour toi… Mais surtout, ne dis à personne ce qui s’est passé ce soir.
Morgane fit demi-tour et retourna vers la maison d’un pas rapide, laissant Claire totalement pétrifiée sous la pluie.
Dans sa main, les 10 000 euros. Dans sa tête, un chaos total.
Pourquoi la maîtresse de son mari lui donnait-elle une fortune ? Et quelle était cette surprise terrifiante qui l’attendait dans 3 jours ? Claire sentit son sang se glacer. Ce qui se jouait ici n’avait rien à voir avec une simple histoire d’adultère. L’impensable était en marche…
PARTIE 2
Les 3 jours suivants furent une véritable torture psychologique. Claire avait trouvé refuge dans un petit appartement de location bon marché en périphérie de la ville. Les 10 000 euros cachés sous le matelas lui brûlaient l’esprit. Chaque minute était une éternité. Elle essayait de garder le sourire pour Léo et Chloé, inventant une histoire de “vacances improvisées”, mais la nuit, elle pleurait silencieusement, rongée par l’angoisse et la confusion.
Pourquoi Antoine avait-il été si brutal ? Pourquoi cette femme, Morgane, lui avait-elle donné cet argent avec ce regard terrifié ?
Le 3ème jour arriva. À 19 heures, elle confia les enfants à sa sœur aînée, prétextant un rendez-vous urgent. Elle prit sa voiture, l’estomac noué, et roula vers son ancienne vie.